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USA : Teva encore accusé de fraude massive à l’assurance maladie

Le cours boursier du laboratoire pharmaceutique israélien Teva a encore chuté lourdement cette semaine, à l’annonce de poursuites dans une nouvelle affaire de fraude massive au détriment des caisses publiques d’assurance maladie états-uniennes.

TEVA fraude USA

En une seule séance, mardi à la bourse de New York, Teva a perdu jusqu’à 15% de sa valeur, indique l’agence d’informations Bloomberg.

L’affaire concerne encore et à nouveau le médicament jusqu’à présent vedette du groupe israélien, Copaxone*, un traitement indiqué dans certains cas de sclérose en plaques (SEP).

En substance, Teva est accusé d’avoir utilisé un procédé astucieux, entre 2006 et 2015, pour quadrupler le prix de Copaxone* : déjà très élevé avant la manipulation, à plus de 15.000 € par an et par malade, celui-ci avait carrément été quadruplé, dépassant les 60.000 € quelques années plus tard !

En pratique, Teva est accusé d’avoir financé en sous-main, à hauteur de 300 millions de dollars, des associations caritatives, à charge pour ces dernières de prendre en charge le « reste à charge de l’assuré » pour toute prescription de Copaxone*. De la sorte, expliquent les autorités publiques états-uniennes, ce « reste à charge » n’augmentait pas pour l’assuré en cas de hausse du prix, et les patients n’étaient donc pas tentés de recourir à un traitement de leur maladie moins coûteux pour eux. 

La hausse de prix restait indolore pour le patient, mais pas pour les systèmes d’assurance maladie publics. A commencer par le principal de ces derniers, le système fédéral Medicare, sachant que les prix des médicaments, y compris les remboursables, continuent d’être fixés librement par leurs fabricants aux Etats-Unis.

Le Département de la Justice a ajouté qu’il se proposait d’infliger à Teva une amende égale au triple des sommes frauduleusement versées aux associations caritatives, soit près d’un milliard de dollars en tout. Ce milliard de dollars, pour important qu’il apparaisse, reste selon toute vraisemblance inférieur aux bénéfices engrangés par Teva, au détriment de l’assurance maladie, avec son quadruplement du prix de Copaxone*.

Teva, sans nier les faits, joue les martyrs, estimant que les autorités cherchent avec cette poursuite « à restreindre l’accès des patients à des médicament importants ».

Les condamnations punissant les pratiques du laboratoire israélien, en particulier sur le marché américain où il réalise la moitié de son chiffre d’affaires mondial, ne se comptent plus. En janvier dernier encore, Teva a payé 54 millions de dollars pour solder une accusation de corruption de médecins : le laboratoire avait grassement rémunéré des praticiens -gros prescripteurs de Copaxone*-  pour des conférences auxquelles n’assistaient … que des cadres de l’entreprise !

Et n’oublions pas que Teva, régulièrement dénoncée pour les bénéfices qu’il tire de l’occupation des territoires palestiniens, est la cible de la campagne mondiale de boycott BDS « Chez le pharmacien, TEVA, je n’en veux pas ! »

Sources :

https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-u-s-justice-department-sues-teva-over-alleged-drug-kickbacks-1.9083815

https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-08-18/teva-pharmaceuticals-sued-by-u-s-over-medicare-kickback-claims

CAPJPO-EuroPalestine