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Israël : les chiens entrent en campagne électorale

Les partis religieux ultra-orthodoxes Shas et UTJ (Judaïsme Unifié de la Torah), partenaires électoraux et gouvernementaux de Netanyahou, ont battu mercredi des records de racisme et d’antisémitisme avec des messages comparant les juifs libéraux à des chiens, et excitant leurs fidèles contre les demandeurs d’asile africains.

Israël : les chiens entrent en campagne électorale
Extrait du clip électoral du parti « Judaïsme Unifié de la Torah »

Dans une vidéo vue des milliers de fois, l’UTJ montre d’abord des images de chiens portant divers accoutrements juifs (kippa, talit, phylactères, étoiles de David…)

Le message d’accompagnement, censément « humoristique » est là pour dénoncer une décision toute récente de la Cour Suprême, qui a statué que pouvait être considéré comme « juif » ou « juive » une personne s’étant convertie à la religion sous l’autorité de synagogues dites « Réformées » ou « Conservatrices ». Et pas par des rabbins comme ceux de l’UTJ ou de Shas, qui ont eu jusqu’à présent le monopole des conversions en Israël. Une perspective rien moins qu’apocalyptique pour les tenants de la « pureté de la race ».

« Voilà ce qui arrive quand il revient à la Cour Suprême de dire qui est juif », dit le texte illustrant la galerie de clébards.

En conséquence, une seule solution pour les élections du 23 mars prochain : « Votez UTJ, c’est le seul moyen pour protéger votre judaïsme, celui de vos enfants, et celui de vos petits-enfants ».

L’UTJ recrute principalement chez les électeurs dits « ashkénazes », c’est-à-dire d’origine européenne, tandis que son partenaire gouvernemental du Shas est surtout implanté chez des juifs originaires du monde arabe.

L’affiche du parti Shas

Le Shas, a sorti pour sa part une affiche montrant des hommes d’origine africaine, et légendée comme suit : « Voilà des juifs certifiés cachère par la Cour Suprême. Il y a danger ! Des milliers de sans-papiers et de travailleurs étrangers vont pouvoir devenir juifs grâce au judaïsme Réformé ».

Le Likoud de Netanyahou s’est abstenu jusqu’à présent de commenter les publicités scandaleuses , mais il appuie dans les faits la campagne de ses alliés les plus ouvertement racistes. 

« L’arrêt de la Cour Suprême », a-t-il indiqué dans un communiqué, «obère l’avenir de notre Loi du Retour », autrement dit la loi qui permet à toute personne reconnue « juive » de devenir citoyenne à part entière de l’Etat d’Israël, ce qui n’est pas le cas pour les indigènes non juifs pourtant nés dans le pays, les deux millions de Palestiniens en particulier.

Le politicien Yair Lapid, tout aussi hostile au peuple palestinien mais en version plus « laïque », a été l’un des premiers à s’indigner des obscénités de l’UTJ.

« Mon père m’avait dit une fois que dans le temps, la façade du parlement hongrois, à Budapest, était ornée de l’inscription :’Interdit aux chiens et aux juifs’. Pendant des générations, les antisémites ont comparé les juifs à des chiens. Et voilà qu’ils sont rejoints par l’UTJ. C’est répugnant », a-t-il déclaré.

Ce qui n’a pas empêché un député sortant de l’UTJ d’en remettre une couche : « Si un jeune homme juif épouse une jeune femme ‘goy’, le père du jeune homme devrait réciter la prière des morts et porter le deuil de son fils », a ainsi déclaré le député Yitzhak Pindrus.

Aux dernières nouvelles, selon Haaretz, Facebook aurait retiré le clip de l’UTJ, mais celui-ci restait bien visible mercredi soir sur Youtube.

CAPJPO-EuroPalestine