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La Palestine au jour le jour : semaine du 24 au 30 juin

Raid israélien à Shufat, en Cisjordanie occupée

En Palestine occupée, cette semaine comme encore, l’envahisseur a commis des meurtres, « ratonnades », répression féroce contre des populations désarmées, tirs, coups et blessures, kidnappings, vols, destructions et démolitions, vandalisme, provocations, atteintes à la liberté de circuler et autres violations du droit international. L’expansion des colonies israéliennes sur les propriétés et les terres palestiniennes s’est poursuivie.
Pendant ce temps, la bande de Gaza entamait sa 15e année d’enfermement sous la menace permanente du feu aérien, maritime et terrestre de l’armée ennemie.


(Faute de données, ce bilan ne recense pas les exactions commises contre les Palestiniens d’Israël ni celles dues à la soi-disant « Autorité Palestinienne ».)


L’occupant tire, blesse et moleste

Le PMG recense 99 blessé-e-s cette semaine, dont 2 journalistes et 1 enfant. 
Le point le plus sensible est toujours Beita. Là, face à la résistance des villageois et pour faire bonne figure devant la nouvelle administration états-unienne, un avant-poste de colonie, illégal au regard de la loi israélienne elle-même, a fait l’objet d’un vrai faux retrait : retour des colons à leur colonie « légale » selon la loi israélienne, remplacement des colons par des militaires (c’est « légal »), implantation d’une yeshiva d’Etat (Ecole juive : c’est « légal » aussi), en attendant… le retour des colons quand les propriétaires des oliveraies confisquées auront épuisé leurs recours « légaux ». Cette manœuvre cousue de fil blanc a été contestée même par le Meretz, partie de la coalition hétéroclite qui a succédé au Likoud,

L’occupant arrive parfois à se surpasser dans l’odieux. Ainsi, le 24 juin au soir, à Jérusalem, il réprime sévèrement une manifestation réclamant… le retour du corps de Mai Afanah, assassinée le 16 mai par la soldatesque. Soutenus par l’armée et la police, les colons squattent les maisons et agressent les gens . Quinze attaques de colons sont recensées dans la semaine..

En attendant, les villageois tiennent bon. Dans une forme inédite de résistance, 24h sur 24, ils utilisent à la fois incendies de pneus, cornes de brume, lasers… pour créer une « confusion nocturne » chez l’occupant. Mais ils paient leur opposition au prix fort. Dans la seule journée du 25, de 13h à 17h50, les forces de répression tirent par balles, lancent des bombes assourdissantes et des lacrymos. Trois manifestants sont blessés, dont l’un est dans un état critique. En tout, le PMG dénombre 72 victimes des affrontements à Beita ce jour-là..
A peu près au même moment, à Kafr Qaddum (gouvernorat de Qalqiliya), autre haut lieu de la résistance, la répression d’une manifestation interdite cause six blessés, dont Mohammed Enaiyia, caméraman de Palestine TV.

A Jérusalem, les colons suprémacistes sont le fer de lance du nettoyage ethnique. Le 26 vers 22h, protégée par l’armée, une bande de fanatiques (qui squattent l’immeuble de la famille al-Ghawi à Sheikh Jarrah) lancent des pierres et hurlent des insultes contre les habitants du secteur de Karam al-Ja’ouni. Les habitants palestiniens de ce secteur font l’objet d’un avis d’expropriation. Des gens du quartier se sont regroupés pour défendre la maison de la famille Abdulatif visée par les envahisseurs. Mais les forces d’occupation viennent à la rescousse, rouant de coups les protestataires. Samir Abdulatif est arrêté avec Khalil, son fils de 15 ans. Le croissant rouge pour sa part évacue quatre blessés. Le même soir, des colons attaquent une famille de Sheikh Jarrah et blessent trois de ses membres.

Le 29 à 8h, une bande issue de l’implantation ultra-orthodoxe de Mode’in Illit tabasse un chauffeur palestinien au volant de son bus. Mais les violences des colons ne se limitent pas à Jérusalem. Le 26, à Einabus (Naplouse), une bande venue d’une colonie voisine attaque plusieurs maisons avant que les villageois ne la fassent fuir. Au soir du 27, à Tayasir (Tubas), une autre bande tabasse sévèrement trois villageois. Au même moment, d’autres colons criblent de balles la voiture d’un habitant du village de Duma (Naplouse). Cerise sur le gâteau : le 30 juin, la colonie d’Yitzhar, près de Naplouse, a été flanquée d’un nouveau poste militaire pour veiller sur sa sécurité. La colonisation s’étend Le 29, à Kisan, près de Bethléem, des agitateurs de la colonie d’Ebi Hanahel installent 20 mobile homes sur un terrain de 5 hectares confisqué aux villageois en vue d’y implanter une nouvelle colonie.

L’occupant kidnappe hommes, femmes et enfants Plus de 100 Palestiniens de Cisjordanie ont été enlevés cette semaine, dont au moins 10 mineurs, Nommément : Zeid et Ahmed Owda (15 ans chacun), du village d’Huwwarah près de Naplouse, arrachés à leur lit le 24 à minuit et demi. Yazan et Ibrahim Sandouqa (14 et 15 ans), du camp de réfugiés de Shu’Afat à Jérusalem, kidnappés le 25 juin à 22h30. Ramzy Irfa’iya (15 ans) et Zayed Da’na (17 ans), enlevés à leur domicile lors d’un raid sur Hébron le 27 juin. Ra’ed Al-Sayad (16 ans), kidnappé le même jour lors d’une attaque du quartier du mont des oliviers à Jérusalem. Mohammed Ma’ana (17 ans), soustrait à sa famille le 30 à 1h30 de la nuit, lors d’un raid sur un camp de réfugiés à Bethléem. Le 30, à 2h40 de la nuit, l’occupant envahit le camp de réfugiés d’Al-Arroub, près d’Hébron, et enlève 7 habitants dont 2 mineur-e-s de 17 ans : Ahmed Badawi et Obeidah Al-Ra’i.

Signalons aussi que le 26, Asala (24 ans) et Alisar Abu Hasna (21 ans) sont sévèrement battues et conduites au poste de police où elles endurent semble-t-il de nouveaux sévices avant d’être relâchées au bout de plusieurs heures. Ces deux sœurs de Sheikh Jarrah habitent une maison menacée d’expropriation,


Soldats cambrioleurs
Le 30, vers 3h du matin, des soldats font irruption chez Bashar et Mohammed Ishteiwià à Kafr Qaddum, au nord de Qalqiliya. Sa maison de deux étages abrite deux appartements. Venus en force, les soldats saccagent tout et font main basse sur le contenu du sac de la sœur de Mohammed (10 000 shekels, soit 2580 €, qu’elles destinait à ses frais de scolarité), puis bandent les yeux de ses deux frères et les emmènent en captivité.
Souvent, le vol à la tire se déguise en « confiscation ». Ainsi, le 26 juin à Zawata, près de Naplouse, des soldats envahissent la maison de Mohammed Muna, reporter à l’agence Snd News. Après l’avoir questionné sur son métier, ils perquisitionnent et s’approprient tout l’argent liquide qu’ils trouvent, y compris le contenu du sac de sa femme (258€) et des tirelires des enfants (568 €). Mais, bons princes, ils griffonent le montant de la somme sur un bout de papier en guise de reçu.
Le 26, au pont de Nabala, près de Jérusalem, l’occupant confisque la voiture du conducteur qu’il vient d’arrêter. A Tekoa, près de Bethléem, c’est une bétonneuse appartenant à la Body Concrete Company qui est confisquée le 27.


Une entreprise de démolition
Pas question de permettre à des non juifs de construire ou d’agrandir leurs maisons dans la « capitale éternelle du peuple élu »! Le 23, à Al-Issawiya, quartier de Jérusalem, le dernier étage en construction de deux appartements est volatilisé. Le 26, à Al-Thawri, autre quartier de Jérusalem, c’est le propriétaire lui-même qui, pour échapper à l’amende, a dû détruire la pièce supplémentaire qu’il s’était construit. Le 29, à Silwan, autree quartier de Jérusalem, l’occupant s’est occupé personnellement de la destruction d’un troisième étage.
A Salfit, c’est une maison entière qui est démolie. A Yatta, l’occupant notifie une interdiction de poursuivre la construction d’une école… On compte en tout 6 démolitions de maisons et 10 destructions de biens divers cette semaine.
Cette fièvre destructrice vise aussi à saboter la très fragile économie palestinienne. Ainsi, le 24 juin, l’occupant procède simultanément à la destruction de deux stations service autour de Jérusalem, à Anata et à Hizma.


L’occupant enferme et harcèle Gaza.
En signe de mansuétude, Israël a ré-autorisé Gaza à exporter des vêtements et des produits agricoles, dans une quantité limitée à 110 tonnes, dont 30 tonnes de tomates. Mais c’est pour assortir aussitôt cette permission de conditions kafkaïennes : ainsi, les tomates doivent être livrées sans leur pédoncule, a ce qui les rend inexploitables. Du coup, les producteurs palestiniens renoncent à exporter leurs tomates.
Le 24 juin, l’occupant porte de 6 à 9 milles la zone de pêche autorisée. Elle était de 15 milles avant les bombardements de la mi-juin. Rappelons que la zone économique exclusive est normalement de 200 milles… Pour faire respecter ces restrictions, les navires garde-côte patrouillent et tirent sur les récalcitrants, comme on l’a encore vu le 25 au large de Gaza ville.
Les paysans dont les terres touchent à la ligne de séparation ne sont pas épargnés. Le 26 et le 28, à l’est de Rafah, les soldats positionnés derrière cette ligne ont tiré sur des exploitations agricoles. Le même fait s’est produit le 29 à l’est de Khuza’a, le 30 à l’est de Qarara. Le 28, à 11h45, bulldozers et engins militaires ont pénétré à l’intérieur du territoire gazaoui vers Khan Younes et ont procédé à un nivellement du terrain. Faites comme chez vous !


Le saccage des exploitations agricoles
Les colons n’aiment pas les arbres ! Le 25, ils s’attaquent à des figuiers près de Salfit. Le 29, ils déracinent 50 oliviers et s’emparent d’une pompe servant à l’irrigation dans le village de Jalud (Naplouse). Au même moment et non loin de là, à Qusra, d’autres colons déracinent 50 autres oliviers. Le même jour à Burin, toujours près de Naplouse, des colons préfèrent mettre le feu à une oliveraie, c’est plus rapide. L’incendie sera difficilement maitrisé. Le 30 au petit matin, Jalud est à nouveau attaqué, avec 10 arbres vandalisés. Le 26, près de Ramallah, un colon met le feu aux tentes d’un paysan bédouin… avec le soutien de l’armée.


L’occupant entrave.
Aux 108 checkpoints permanents se sont ajoutés 72 points de contrôle miliaires temporaires et 3 fermetures de routes avec blocs de ciment, détecteurs de métaux et terre-pleins latéraux. Trois Palestiniens ont été arrêtés à l’un de ces barrages.

Compilé et traduit par Philippe G. pour CAPJPO-EuroPalestine, à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ et de la compilation de Leslie et Marian Bravery* (Palestine Human Rights Campaign, Auckland, Nouvelle Zélande).

TOUS AU RASSEMBLEMENT EN SOUTIEN AUX PALESTINIENS

CE SAMEDI 10 JUILLET à 15 H

A LA FONTAINE DES INNOCENTS (Métro/RER: Châtelet les Halles)

CAPJPO-EuroPalestine,