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Palestine : Bilan des crimes israéliens du 11 au 17 novembre

Palestine : Bilan des crimes israéliens du 11 au 17 novembre

« Usage excessif de la force » : deux morts 

Mardi à Tubas, Saddam Bani Odeh (26 ans) est atteint d’une balle dans les poumons lors d’un rassemblement de protestation contre un raid de l’armée (voir l’article https://europalestine.com/2021/11/17/ils-assassinent-encore-un-jeune-palestinien-lors-dun-raid-sur-sa-ville/). Saddam faisait partie d’un groupe qui lançait des pierres mais, à 30 mètres de distance, il ne présentait aucun danger avéré pour les soldats. Transporté en taxi à l’hôpital, il y décède peu après. 

Mercredi vers 17h, dans la rue Al-Wad, l’une des artères principales de la vieille ville de Jérusalem, Omar Abu-Asab (16 ans) est tué à bout portant par un civil armé d’un pistolet – vraisemblablement un colon. Les photos de la scène analysées par le PCHR montrent l’adolescent tentant de frapper le dos d’un officier avec un couteau. Cet officier et celui qui l’accompagne ripostent et semblent sur le point de maîtriser le jeune quand l’homme au pistolet dégaine. Omar habitait al-Issawiya, faubourg de Jérusalem dont 90% des terres ont été confisquées depuis 1967 et dont la population est particulièrement persécutée (136 maisons palestiniennes démolies en 2020). Rappelons que la résistance armée contre un occupant est un droit reconnu par l’ONU… Et un ultime recours quand la « communauté internationale » regarde ailleurs… 

Balles contre pierres en Cisjordanie

Hormis ce double drame, on dénombre cette semaine une trentaine de blessés au cours d’affrontements avec l’occupant. Les occasions ne manquent pas : outre les 108 raids lancés contre les villes et villages de Cisjordanie, les checkpoints et miradors omniprésents sont autant d’incitations à protester et à résister en lançant des pierres, seules armes dont disposent es Palestiniens.

Exemple de courage des jeunes d’Hébron :

Le scénario est classique. Jeudi 11 novembre au matin, un groupe de protestataires essuie les tirs des soldats stationnés à l’entrée nord d’Al-Bireh, siège des administrations de l’Autorité de Palestine. Bilan : 14 blessés et 26 suffoqués.

Vendredi soir, les forces d’occupation investissent Biddu, faubourg de Jérusalem. Des jeunes protestent en lançant des pierres. Daoud Badwan (14 ans) est atteint par une balle dans le torse. A l’hôpital de Ramallah, on diagnostique une hémorragie interne au poumon.

Le même jour, la manifestation hebdomadaire de Beita contre la colonie d’Evyatar sur le mont Sobeih ajoute 9 blessés à une liste très longue.

Lundi, à Naplouse, une unité d’infiltration « Mista’arvim » (soldats déguisés se faisant passer pour des Palestiniens) stationne son minibus près d’un immeuble résidentiel. Rejointe par des véhicules militaires, elle s’empare d’Abed Shahin (27 ans). Aussitôt, des habitants du quartier ripostent en lançant pierres et bouteilles vides vers les véhicules de l’armée. Dans la répression qui s’ensuit, deux jeunes hommes de 20 ans sont blessés par balle, l’un  au pied droit, l’autre à la main droite. Les autres participants s’en sortent avec des problèmes de suffocation par gaz lacrymogène…

 Acharnement contre les familles 

Au moins 85 habitants de Cisjordanie ont été pris au piège de la toile carcérale cette semaine. Parmi eux, deux mineurs et deux femmes.

Jeudi à 1h du matin, c’est lors de la prise d’assaut de sa maison dans le camp de Dheisheh, près de Bethléem, que Nour al-Hasanat est enlevée à sa famille. Deux autres habitants partagent son sort.

Vendredi, au checkpoint de Jaljulia, près de Qalqiliya, deux manifestants sont arrêtés, dont un adolescent de 14 ans, Imad Asab.

Lundi, c’est lors de la perquisition musclée de leurs maisons que sont kidnappés un mineur de 17 ans, Omar Shweiky, et trois frères, Qais, Mousa et Marwan Mustafa (respectivement 20, 24 et 28 ans).

A Sanjal, près de Ramallah, deux autres frères sont enlevés dans les mêmes conditions : Ahmed et Mohammed Tawafshah (21 et 20 ans).

Mercredi à 3h du matin, Anas Al-Ostah (35 ans), président de la Fondation Qamat pour la documentation sur le conflit palestinien, est arrêté lors de la perquisition de son domicile près de Naplouse.

Le soir, à al-Issawiya, les forces d’occupation s’acharnent sur la famille d’Omar Abu-Asab, qui vient d’être tué dans la vieille ville de Jérusalem (voir plus haut). Après avoir envahi et perquisitionné sa maison, ils emmènent en détention son père Ibrahim, sa mère et son frère Hussein (18 ans). Pendant ce temps, les voisins solidaires affrontent les bombes lacrymogènes et assourdissantes de l’occupant… 

L’armée d’occupation empêche les enfants de se rendre à l’école

Un samedi à Jérusalem… 

A 2h du matin, Jad et son ami Nour rentrent du travail quand une quinzaine de colons les prend à partie dans le rue de Jaffa. Ignorant les provocations, ils tentent de se dégager mais les agresseurs les aspergent de gaz poivre et Jad, frappé sur la tête, perd connaissance pendant que Nour, aveuglé, reçoit dans le dos les coups d’un objet contondant. Finalement, les colons s’en vont et une ambulance emporte Jad.

Plus tard, à Ras al-Amoud, autre quartier de Jérusalem, une autre bande s’attaque aux passants et l’un des colons fait usage de son arme. Bilan : un blessé à la main et de nombreux contusionnés. 

Vers 15h, Khaled Rabay’ah est forcé de détruire sa maison dans le faubourg de Sour Baher. Au total, une dizaine de bâtiments ont été rasés ou auto-détruits cette semaine.

Pendant ce temps, du côté de Naplouse, des colons caillassent les voitures de passage à l’entrée de Beita. Contrairement aux Palestiniens, qui subissent prison, blessures ou mort pour jets de pierres, les colons peuvent s’adonner impunément à ce « sport ». Mieux, ils bénéficient parfois du soutien de l’armée comme lundi à Burqa : après que les colons eurent blessé trois villageois et brisé les vitres de quatre voitures de passage, des soldats accourent à la rescousse quand les habitants font face à leurs agresseurs.

 Au total, on compte 8 attaques de colons cette semaine contre des agriculteurs, des passants, et même un employé de l’Autorité palestinienne de retour d’un travail d’arpentage en lien avec l’armée israélienne. 

Sans compter les provocation quotidiennes de colons qui envahissent les cours de la mosquée al-Aqsa :

La Cisjordanie entravée 

Aux 108 points de contrôle permanents se sont ajoutés 67 checkpoints temporaires et 7 fermetures de points névralgiques pour compliquer encore un peu plus les déplacements à risque des habitants de Cisjordanie.

Dans Gaza assiégée 

Encerclée, soumise au blocus depuis 14 ans, sous la surveillance constante, menaçante et vrombissante des drones, privée d’eau potable, le plus souvent sans électricité… Gaza résiste.

Les pêcheurs ont encore été attaqués par la marine de guerre lundi et mercredi.- Des terres agricoles ont encore été visées  par des soldats campés derrière la ligne d’armistice les jeudi, vendredi (au nord de Beit Lahia et à l’est de Khan Yunis), samedi (à l’est et au nord-est de Khan Yunis) et mardi (à l’est d’al-Maghazi et d’al-Bureij).

Jeudi, Ahmed Masmah est arrêté à la frontière alors qu’il tentait de s’évader du camp de concentration de Gaza. Vendredi, un autre fugitif est intercepté. 

 (Compilé et traduit par Philippe G. pour CAPJPO-Europalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) et du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ .)

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