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Bilan des crimes israéliens en Palestine occupée du 23 au 29 décembre

Avant de terminer 2021 et ses crimes israéliens contre les Palestiniens, signalons que l’année 2022 a commencé par deux assassinats de jeunes Palestiniens de 21 et 25  ans en Cisjordanie occupée. 

Bakir Hashas, a été tué par des soldats israéliens à Balata au nord de la Cisjordanie près de Naplouse, et Mustapha Fela, ce travailleur palestinien de 25 ans a été écrasé par des colons près de Ramallah au centre de la Cisjordanie occupée ce même jeudi 6 janvier. 

DERNIERE SEMAINE DE 2021

A la veille de Noël, les chrétiens de Palestine, toutes églises confondues, ont dénoncé la « violence des groupes radicaux » et leur « tentative de chasser les chrétiens de la Terre Sainte » (voir l’article https://europalestine.com/2021/12/23/chretiens-persecutes-par-les-colonisateurs-israeliens/. En attendant, ces «radicaux » ont célébré Noël à leur façon : le 24 décembre, une femme de 63 ans, Ghadir Anis Masalma, est morte écrasée par la voiture d’un colon (voir l’article https://europalestine.com/2021/12/25/une-palestinienne-de-63-ans-ecrasee-par-un-colon-israelien/).  

Une armée supplétive des colons 

La violence des occupants a causé cette semaine 140 blessés, à l’occasion de 82 raids contre villes et villages et de 96 attaques militaro-policières contre des manifestations pacifiques. Mais il y a manif et manif : celles des Palestiniens, durement réprimées, et celles des ultra-sionistes, qui trouvent que le gouvernement ne va pas assez vite dans le nettoyage ethnique. Celles-là bénéficient du soutien de la police…

Une manif de ce second type aurait rassemblé jeudi 15 000 de ces ultra-sionistes venus par car soutenir l’avant-poste de Homesh. Ces manifestants protestent parce que, depuis 2005, Homesh est régulièrement démantelé par les autorités, Homesh ne faisant pas partie du schéma gouvernemental d’annexion. En prolongement de la manifestation, des centaines des plus excités de ces ultras attaquent le village voisin de Burqa, tabassant des habitants, brisant des vitres, essayant de pénétrer dans les maisons et même brisant des pierres tombales*.

Bilan des crimes israéliens en Palestine occupée du 23 au  29 décembre

Et que fait la police censée contenir les manifestants ? Elle participe à la curée ! Après avoir bouclé sur 10 km les accès à la route que devaient emprunter les manifestants, isolant quatre villages, elle fait usage de ses balles métalliques contre les villageois qui tentent de résister, causant 42 blessés, dont un journaliste et deux mineurs, en plus de 83 suffoqués par les gaz. Avant même le début de la manifestation, un mécano de 50 ans, Mohammed Hejah, qui voulait simplement rentrer chez lui, est blessé par les policiers qui interdisent l’accès au village.  

Pas de trêve de Noël en Palestine ! 

Samedi (jour de Noël), la police vole une nouvelle fois au secours des colons pro-Homesh. Résultat : 57 blessés, dont 7 sérieusement, parmi lesquels deux mineurs. L’un de ces mineurs est transpercé par une balle qui pénètre par le dos (encore une fois, la police a tiré dans le dos !) et ressort par l’abdomen, causant les lésions internes qu’on imagine. Les secours ne sont pas épargnés : deux ambulances sont frappées par des grenades assourdissantes.

La même connivence prévaut à Azmut (près de Naplouse). Vendredi, lors d’une manifestation pacifique, un villageois est roué de coups par des colons sous les yeux des forces d’occupation. Kidnappé, il est détenu plus de deux heures avant que les « forces de l’ordre » ne se décident à intervenir et à permettre son hospitalisation. 

Le soir de Noël à Silwan, faubourg de Jérusalem, des colons attaquent deux adolescents à proximité de leur implantation de Yonathan. Des dizaines de jeunes Palestiniens ripostent en lançant des pierres, des fusées d’artifice et des cocktails molotov. Les forces d’occupation interviennent alors en lançant des grenades assourdissantes et en prenant d’assaut plusieurs maisons. Trois habitants sont emmenés en détention, dont deux adolescents de quinze ans : Khalil al-Shobaki et Wajd Abu Hlayel. Au total, on recense 16 agressions de colons cette semaine : maisons et véhicules caillassés, oliviers déracinés… sans oublier l’attaque à la voiture bélier qui a coûté la vie à Ghadir.  

L’éducation en ligne de mire 

Mardi, les forces d’occupation stationnent à côté de l’Université ouverte d’Al Qods (Jérusalem). Cette provocation déclenche 2 heures et demi d’affrontements. Cinq Palestiniens sont blessés, dont l’un grièvement atteint au cou et à la main droite. Dans la foulée, trois jeunes sont arrêtés dans la perquisition de leur domicile.

Mercredi matin, l’armée fait irruption dans l’enceinte du lycée de Teqoa, à l’est de Bethléem, alors que les étudiants sont en pleine séance d’examens. Héroïques, les enseignants affrontent les soldats qui les attaquent à coups de crosse de fusil. Grenades lacrymogènes et bombes assourdissantes pleuvent sur le campus. Ce lycée est la cible permanente de l’occupant, qui multiple les attaques à l’intérieur et aux abords, ainsi que les fouilles et les arrestations.

Rafles tous azimuts

Cette semaine, 94 habitants de la Palestine occupée ont rejoint les geôles de l’occupant. Parmi eux, on compte :

– Des mineurs.

Jeudi à 0h30, les soldats prennent d’assaut la maison de Mohammed Abu Sneina, dans la vieille ville de Jérusalem, et le kidnappent. Il n’a que… douze ans ! Anas al-Jabari, enlevé mercredi à Sheikh Jarrah, a 13 ans. Jaber al-Tamimi, de Nabi Saleh, en a 15. Mohammed et Saqer Salim, enlevés à Azzun, en ont 16. Mohammed Abu al-Khair, de Silat al-Harithiya, et Ibrahim Abu Mustafa, du camp de Balata à Naplouse, en ont 17. 

– Des familles : Mohammed et son frère Mafdi Sa’ada (à Asira al-Shamaliya) ; Monadel et son frère Ahmed Abu al-Lail (à Burqa) ; Emad et son neveu Mohammed Shain (à al-Dheisheh) ; Salah et son père Najeh Bakirat – ce dernier directeur-adjoint des donations (waqf) islamiques (dans l’esplanade des mosquées à Jérusalem) ; Ayman Ali Tbeishaet son frère, Mohammed (à Khursa) ; Etaf Jaradat, « coupable » d’être la mère de deux résistants emprisonnés pour s’être attaqués à l’avant-poste illégal d’Homesh… 

– Des « gardiens de la paix » : trois gardes de la mosquée d’El Aqsa qui avaient voulu s’opposer à des provocations de colons sont arrêtés jeudi par un grand déploiement de policiers et de soldats. 

– Des personnes handicapées, comme Maher Awad, kidnappé lors de l’assaut de sa maison à Khirbet al-Taubah. 

Battus et kidnappés 

Souvent, les arrestations sont sanglantes. Lundi à 4h du matin, lors d’un raid sur le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem, les soldats prennent d’assaut la maison de Mohammed Hammad. Ils lancent leurs chiens d’attaque sur ses trois fils et, comme les victimes essaient de se défendre, ils tirent à bout portant des bombes assourdissantes, blessant au pied l’un des fils. Celui-ci est envoyé à l’hôpital pendant que les deux autres fils sont emmenés en prison (voir aussi l’article https://europalestine.com/2021/12/29/terrorisme-israelien-chiens-dattaque-injections-forcees-femmes-deshabillees-et-battues/).

Vendredi, dans la vieille ville de Jérusalem, Shadi Abu Sneina et Mohannad Abu Hadwan sont roués de coups avant d’être emmenés en captivité. Mardi, Ali Obaid, d’Issawiya, est sévèrement battu lors de son arrestation. Non loin de là, à Jabel Mukaber, autre quartier de Jérusalem, Karam Oweisat est tiré de sa voiture garée devant sa maison et passé à tabac avant d’être enlevé. Quand sa tante Najma essaie de s’approcher, les soudards la cognent et la jettent à terre. Elle doit être hospitalisée. 

Vol des terres et démolitions 

Située à 7 km de la vieille ville de Jérusalem, Hizma en est séparée par le mur de l’apartheid, ce qui n’empêche pas la municipalité sioniste de la « Ville Sainte » de revendiquer son territoire. Au nom de quoi lundi, à 2h du matin, des véhicules militaires viennent sans prévenir encercler le centre commercial de la bourgade pour permettre à des bulldozers d’en raser les dix commerces avec les marchandises qu’ils contiennent, les propriétaires n’ayant pas été autorisés à les sauver. La perte est évaluée à 1 200 000 shekels (342 000 €). Pour couronner le tout, l’occupant siphonne 40 000 litres de carburant d’une station service avant de détruire les cuves qui les contenaient. Ouverts depuis treize ans, ces commerces faisaient vivre 120 familles.

Plus tard dans la matinée et non loin de là, dans le quartier d’Issawiya, c’est un immeuble de trois étages que les bulldozers réduisent en poussière. Trois familles y vivaient et 17 enfants se retrouvent à la rue avec leurs parents. Pour ce service de démolition, la municipalité présente une note de 180 000 shekels qui s’ajoutent aux 260 000 d’amende et aux dizaines de milliers dépensés en frais d’avocats. La démolition a évidemment donné lieu à des affrontements au cours desquels des membres de la famille mais aussi des voisins et des journalistes ont été tabassés.

La même scène de désolation se produit mercredi à Jabel Mukaber et à Silwan, autres quartiers de Jérusalem. Les campagnes aussi ont droit à leurs expropriations. Mardi, dans la vallée du Jourdain, Kherbet Ibziq est déclaré zone militaire et les bulldozers détruisent 9 tentes résidentielles et 14 tentes pour le bétail, privant d’abri neuf familles. A Askaka, près de Salfit, les forces d’occupation font irruption le jour de Noël sans prévenir pour s’emparer d’un bulldozer en train d’aplanir un terrain dans le cadre d’un projet agricole cofinancé par l’Espagne. Le conducteur du bulldozer est arrêté et la terre confisquée par Israël… 

La Cisjordanie entravée 

Aux 108 points de contrôle permanents se sont ajoutés 59 checkpoints temporaires et 19 fermetures de points névralgiques pour compliquer encore un peu plus les déplacements à risque des habitants de Cisjordanie.

Dans Gaza assiégée 

Les violations du cessez-le-feu par Israël continuent d’être quotidiennes. Tant que les Gazaouis ne ripostent pas, qui s’en émeut ? Ainsi, cette semaine :

– Alors qu’ils naviguent à moins de trois milles des côtes (la limite autorisée par les accords d’Oslo est de 20 milles), d’inoffensifs bateaux de pêche sont encore attaqués dimanche.

– Des terres agricoles sont encore visées par des soldats campés derrière la ligne de démarcation jeudi, samedi, dimanche et lundi. Mercredi, les forces qui assiègent Gaza tirent deux obus d’artillerie sur la ferme Abu Eid, au nord de la bande. Quatre ouvriers agricoles, dont trois frères, sont blessés par des éclats alors qu’ils se livraient à l’activité subversive consistant à planter des oignons.

Ahmed al-Hosomi, grièvement atteint au bras gauche, n’a que seize ans.

– Des habitants à proximité de la ligne de séparation essuient des coups de feu samedi et mardi.

– Jeudi, des engins de chantier couverts par des véhicules militaires et des avions de reconnaissance pénètrent en territoire gazaoui pour se livrer à des travaux de terrassement au nord de Beit Lahia et à l’est d’al-Maghazi, endommageant 1 hectare de bonnes terres agricoles.   

Compilé par Philippe G. pour CAPJPO-Europalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) et du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ .* Source complémentaire : https://www.aljazeera.com/news/2021/12/24/israeli-settlers-attack-village-in-occupied-west-bank

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