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RAMALLAH : LE TEMOIGNAGE DE LA DELEGATION CONDUITE PAR JOSE BOVE, JEUDI SOIR

La délégation de militants occidentaux, conduite notamment par le responsable de la Confédération agricole José Bové, avait réussi, jeudi soir, à rallier Ramallah, malgré le blocus de l’armée israélienne qui commençait à mettre en place.


Dès l’aube en effet, des dizaines de tanks israéliens ont attaqué la ville, et bloqué les abords immédiats de la résidence de Yasser Arafat, provoquant des combats au cours desquels au moins 5 soldats palestiniens et un israélien ont été tués, selon un bilan établi au milieu de la matinée.

Voici le communiqué publié jeudi soir par José Bové et ses camarades (depuis, des médias ont réussi à joindre José Bové vendredi matin, notamment LCI qui diffuse les déclarations les plus récentes dont elle dispose en provenance de Ramallah).

« Une centaine de délégués Français, des Suisses et des Anglais, mais aussi quelque Américains, sont arrivés jeudi soir ( 28 mars 2002 ) à Ramallah pour exprimer leur soutien aux Palestiniens qui redoutent une attaque de l’armée israélienne.
« Nous sommes arrivés hier à Jérusalem et aujourd’hui, dès que nous avons entendu que l’armée (israélienne) préparerait une attaque contre Ramallah, nous avons décidé de nous rendre sur place », a déclaré José Bové, le leader de la confédération paysanne et figure de proue française de l’anti-mondialisation.

Portant des keffieh noir et blanc sur les épaules, ces occidentaux qui appartiennent à diverses organisations non-gouvernementales (ONG) étaient rassemblées dans la soirée, Place des lions, dans le centre de Ramallah.

« Nous sommes venus à l’improviste », explique un Suisse vêtu d’un T-shirt blanc avec l’inscription « Protection du peuple palestinien ».

« Nous sommes venus ici pour vous témoigner notre soutien. La politique israélienne d’occupation et de création de nouvelles colonies doit cesser », a lancé José Bové dans un haut-parleur à un petit groupe de Palestiniens présents dans le centre-ville.
Selon lui, le groupe entend passer la nuit de jeudi à vendredi à Ramallah.
« Si (le Premier ministre israélien Ariel) Sharon veut envoyer ses chars à Ramallah, il doit savoir qu’il y a des Européens dans la ville », a poursuivi M. Bové qui devait être reçu dans la soirée par le président palestinien Yasser Arafat.
« Nous allons rester ici autant qu’il faut! Le temps pour les puissances mondiales de comprendre qu’elles doivent intervenir comme elles l’ont fait dans les Balkans », a-t-il poursuivi.
Selon lui, quelque 300 Italiens devraient rejoindre le groupe qui se trouve déjà à Ramallah.
La coordinatrice des ONG palestiniennes de Ramallah (PONG), Mme Renate Kobag, en contact avec le groupe des occidentaux, a indiqué que ces Italiens s’étaient rendus au poste de contrôle de Kalandiya, à l’entrée de Ramallah, d’où ils ont été repoussés par les soldats israéliens.
Un gobelet de café à la main, moustachu, José Bové, raconte comment lui et ses camarades ont réussi à franchir dans la journée ce barrage.
« Ils nous ont dit que c’était interdit. Alors, nous sommes passés à pied et nous avons fait semblant de ne pas comprendre les injonctions des soldats », dit-il souriant.
Le syndicaliste français a souligné que d’autres « militants pour la paix » allaient se relayer dans les mois à venir pour assurer une présence « dissuasive » dans les territoires palestiniens.

Sur la Place des lions, une jeune noire Américaine s’adresse à son tour aux Palestiniens par haut-parleur. « Nous avons honte de la politique de nos gouvernements! Par votre résistance à l’occupation israélienne, vous donnez une leçon au monde entier », crie-t-elle.