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LES INTERNATIONAUX DE RAMALLAH : EUROPE, AGIS ! SANCTIONNE LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN

MESSAGE DE RAMALLAH, par François Weiser, dans le bâtiment de l’Al Moquata’a à Ramallah :
Vaincre la surdité d’Israël :
Mettre en place des sanctions économiques et politiques ;
– Suspension des accords de libre échange ;
– Rappel des ambassadeurs de l’Union Européenne.


Le mercredi 10 avril dernier, le Parlement Européen votait la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union Européenne. Cet accord inclus un pacte de libre échange entre les deux partenaires et un volet diplomatique.

Dès le lendemain, le Jeudi 11 avril, le représentant de la Commission européenne en Israël, Jean-Carlo Chevillard, déclarait aux autorités israéliennes qu’il n’y a avait aucune chance que cet accord soit suspendu, ni même que l’embargo sur le commerce des armes, lui aussi voté par le Parlement Européen, soit jamais à l’ordre de jour (cf. Haaretz 12 avril 2002).

De qui se moque-t-on en Europe ?
Quel avenir pour une Europe dans laquelle un fonctionnaire de second rang contredit ainsi – et avec quel mandat ?- une décision du Parlement européen ?

Une Europe dans laquelle le Parlement n’a aucun pouvoir ?
Quelle palinodie de démocratie quand un fonctionnaire local anticipe sur les résultats des débats qui doivent avoir lieu entre ceux qui ont, aujourd’hui, la responsabilité de toute décision au niveau européen, à savoir les ministres des Quinze réunis en Conseil. Ou bien doit-on comprendre qu’il agit sur ordre, chargé de rassurer Israël sur la pérennité de ces accords économiques et commerciaux ?
En ce cas, on aimerait savoir qui, quel ministre, quelle instance a cru bon d’annoncer à Israël quelque chose qui n’a pas encore fait l’objet d’un débat – puisque le débat a été ouvert après, lundi 16 avril, lors d’une réunion du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères au Luxembourg.

Dans tous les cas, une Europe qui accepte de fonctionner ainsi est une mascarade, et une confiscation de la démocratie.

Ceci est imposé, il est clair qu’au-delà de cette malformation structurelle, l’Europe qui renonce aujourd’hui à sanctionner la coalition Sharon-Peres, dont les crimes sont reconnus internationalement, est moralement coupable : alors que l’Europe se targue d’assurer le rayonnement des valeurs des droits de l’homme et des valeurs démocratiques en général, elle soutient un gouvernement fascisant pratiquant ouvertement le nettoyage ethnique, un gouvernement refusant unilatéralement l’application des droits internationaux et des résolutions de l’ONU les concernant.

Quel sort a subi l’Iraq lorsqu’il a refusé l’application de la résolution de l’ONU concernant son retrait de Kuwait ?
On le connaît trop bien : une campagne militaire qui a commencé en 1991, et qui dure toujours aujourd’hui, malgré le retrait du Kuwait, accompagnée d’un embargo rigoureux.

Quel sort subit Israël, sommé par 5 résolutions de l’ONU de se retirer du territoire palestinien? Israël bénéficie de la complaisance de toutes les puissances.

Or, si Israël feint d’ignorer le monde, les lois internationales et les droits de l’homme, le pays n’est pas parvenu à s’arracher aux lois économiques : Israël est ruiné par la démesure de son budget militaire, et son économie est exsangue.
Le directeur général du ministère des Finances, Ohad Marani, a annoncé le 14 avril des coupures drastiques dans les dépenses budgétaires – il propose de diminuer de 2,1 milliard de dollars les dépenses, soit une baisse d’environ 4%, pour réduire un déficit budgétaire gonflé par les dépenses militaires.

Qui sera la victime de cette politique ?
La population israélienne la plus défavorisée, puisque ce sont les dépenses sociales qui vont être diminuées (cf. International Herald Tribune du lundi 15 avril 2002). Le chômage en Israël dépasse les 10% de la population active cette année ; des études de la banque d’Israël estiment que 40% des E.M.E. israéliens vont fermer cette année.
C’est donc sur le front économique qu’il faut aussi porter les sanctions, puisque rien d’autre n’est fait pour arrêter l’escalade militaire israélienne.

L’Europe représente aujourd’hui 60% du commerce extérieur israélien : il appartient donc aux citoyens européens d’organiser un vrai boycott économique, de faire pression sur les élus pour qu’ils s’engagent immédiatement sur la voie des sanctions économiques et politiques.

La suspension des accords de libre-échange, la fin de la coopération technologique des militaires, le retrait des représentants des missions diplomatiques européennes sont à portée de la main. C’est à nous de les organiser. Cette mission est urgente – l’armée israélienne a encore tué aujourd’hui à Balata et à Askar, près de Naplouse.

Signé François Weiser
Al Moquata’a – Ramallah le 16 avril 2002
pour les messages : Dr. AbdelFattah Abu-Srour ; alrowwad@p-ol.com