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« TERRORISME » : L’EUROPE S’APPRETE A DONNER UN GAGE A ISRAEL ET AUX ETATS-UNIS

17 juin – Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne s’apprêtait lundi à donner un gage à Israël et aux Etats-Unis, dans le cadre de la « lutte anti-terroriste » décrétée par Washington après les attentats du 11 septembre 2001.


Le Conseil, où siègent les ministres des Affaires étrangères de chacun des 15 pays de l’Union européenne devait ainsi, sauf revirement de dernière minute, inscrire deux organisations palestiniennes sur la liste des « organisations terroristes interdites », à l’occasion d’une réunion à Luxembourg.

Il s’agit des Brigades des Martyrs Al Aqsa d’une part, du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) d’autre part.

Les premières ont revendiqué des attentats contre des civils israéliens, alors que le FPLP a uniquement revendiqué, dans un passé récent, le meurtre du ministre israélien d’extrême-droite Rahavam Ze’evi, en représailles à un attentat mortel commis par l’armée israélienne contre l’un de ses propres dirigeants.

La mesure d’inscription sur la liste a pour effet théorique un gel des actifs bancaires et monétaires des organisations concernées dans les 15 Etats de l’UE. Mais comme aucun des deux groupes n’a apparemment d’argent placé en Europe, la mesure a essentiellement une portée symbolique, de gage donné à Israël.

Il s’agit, se justifiaient la semaine dernière des diplomates européens anonymes, de donner un lot de consolation à Israël, qui réclame –mais n’aura pas de succès pour le moment- le gel d’une tranche de subventions de l’Union européenne à ce qui reste de l’Autorité Palestinienne : une tranche de 19 millions d’euros environ.

Cette enveloppe est de toutes façons dérisoire, au regard de la ruine organisée de la société palestinienne par Israël : non seulement les attaques de ces derniers mois ont détruit l’essentiel de ce qui pouvait encore l’être dans l’économie et l’administration de la Palestine, mais Israël a révélé la semaine dernière que l’argent officiellement confisqué aux Palestiniens (droits de douane palestiniens perçus par Israël et non versés aux Palestiniens) atteignait désormais 1,5 milliard de shekels. Soit plus de 300 millions d’euros (cela correspondait à environ 6 mois de fonctionnement de l’Autorité, avant sa mise en pièces depuis le début du printemps).

Inversement, l’exécutif de l’Europe (Commission, Conseil des ministres) n’entend pas mettre en oeuvre une décision de son propre Parlement, qui a voté au mois d’avril la suspension de l’accord de coopération économique avec Israël, compte tenu de la violation par ce dernier du droit humanitaire international.